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Vers un virage ambulatoire maîtrisé : la contribution essentielle des laboratoires extrahospitaliers

21/07/2025

Dans le contexte d’une transformation structurelle des soins de santé au Luxembourg, le virage ambulatoire s’impose comme un changement de paradigme majeur. En privilégiant les soins réalisés hors de l’hôpital lorsque l’hospitalisation n’est pas nécessaire, cette approche vise à améliorer la qualité des soins, à désengorger les structures hospitalières et à renforcer l’autonomie des patients. Luxembourg Confederation s’est entretenu avec les représentants des trois laboratoires privés membres de la FLLAM (Fédération Luxembourgeoise des Laboratoires d’Analyses Médicales) pour mieux comprendre leur rôle dans cette évolution stratégique : Dr Jean-Luc Dourson (Bionext), Dr Caroline Scheiber (Ketterthill) et Dr Stéphane Tholl (Laboratoires Réunis).

Le virage ambulatoire, ça impose en fait une redéfinition de l'organisation des soins et du parcours patient et une rationalisation de l'offre par rapport aux besoins nationaux et transfrontaliers.
- Dr Jean-Luc Dourson, Bionext

Une évolution nécessaire et structurelle du système de soins

Le virage ambulatoire ne consiste pas à retirer des soins, mais à les repenser. Comme le souligne Jean-Luc Dourson, « le virage ambulatoire, ça impose en fait une redéfinition de l’organisation des soins et du parcours patient et une rationalisation de l’offre par rapport aux besoins nationaux et transfrontaliers. » Cette réorganisation du parcours de soins s’inscrit dans le cadre du Plan Hospitalier National et des objectifs européens de transformation des systèmes de santé. L’objectif est clair : réduire les hospitalisations inutiles, renforcer la médecine de proximité et optimiser l’allocation des ressources. Dans cette logique, les laboratoires privés ont toute leur place. Ils contribuent activement à la prévention, aux soins de proximité, au diagnostic précoce et au suivi des pathologies chroniques – autant d’éléments clés pour un système de santé plus efficace.

Les laboratoires privés peuvent intervenir très en amont. Ils permettent d’éviter certaines consultations médicales, allégeant ainsi la charge des médecins… et, à terme, les dépenses de santé publique.
- Dr Caroline Scheiber, Ketterthill

Des acteurs engagés sur tout le territoire

Présents sur l’ensemble du territoire luxembourgeois, les laboratoires membres de la FLLAM jouent un rôle clé dans le maillage sanitaire du pays. Une proximité géographique qui facilite l’accès aux soins, comme le rappelle Caroline Scheiber : « Comme l’a dit la ministre, il faut exploiter le potentiel existant. Un partenariat public-privé est tout à fait envisageable, grâce à l’implantation des laboratoires privés partout dans le pays. »

Mais leur mission ne s’arrête pas là. Bien plus que des prestataires, ces structures sont aussi des acteurs de la prévention. « Les laboratoires privés peuvent intervenir très en amont. Ils permettent d’éviter certaines consultations médicales, allégeant ainsi la charge des médecins… et, à terme, les dépenses de santé publique, » poursuit-elle.

 Les services des laboratoire privés sont également moins coûteux. Au niveau de la CNS, ils ne représentent que 2 % des dépenses.
- Dr Stephane Tholl, Laboratoires Réunis

Moins de coûts, plus d’efficacité

Au-delà de leur couverture géographique, les laboratoires privés se distinguent aussi par leur efficience économique. « Les services des laboratoire privés sont également moins coûteux. Au niveau de la CNS, ils ne représentent que 2 % des dépenses, » rappelle Dr Stéphane Tholl. Un argument de poids dans un contexte de pression budgétaire croissante sur le système de santé. En effet, grâce à leur structure souple et à leur réactivité, les laboratoires extrahospitaliers sont capables d’innover plus rapidement. « Malgré un cadre tarifaire contraignant, l’innovation est essentielle et très développée dans les laboratoires. Cela se reflète notamment dans notre projet Griffin, qui utilise des drones pour transporter des échantillons, » ajoute-t-il.

Construire une offre de soins moderne et intégrée

Les intervenants s’accordent à dire qu’une approche pluridisciplinaire est essentielle pour réussir ce virage. Jean-Luc Dourson insiste : « dans une collaboration pluridisciplinaire où il y a en fait des implantations communes entre généralistes, spécialistes, pharmacies, réseaux de soins, tout ça contribue finalement à renforcer la prise en charge des soins primaires. » Cette coopération doit également être soutenue par une meilleure interopérabilité des systèmes informatiques de santé, une harmonisation des nomenclatures, un renfort de la communication ville-hôpital, et un cadre juridique clair pour éviter les concurrences déloyales entre secteur public et privé. Un autre défi important reste la gestion de la résistance au changement chez certains professionnels, qui peut freiner la mise en œuvre fluide et coordonnée de ces mesures.

Une opportunité à saisir ensemble

Le virage ambulatoire ne doit pas être vu comme une contrainte, mais comme une opportunité de repenser le système de soins luxembourgeois en profondeur. Les laboratoires privés sont prêts à jouer leur rôle, non pas en substitution des hôpitaux, mais en complémentarité, dans une logique de service au patient et d’optimisation des dépenses publiques. Luxembourg Confederation soutient cette évolution, qui s’inscrit pleinement dans les enjeux de durabilité, d’innovation et d’accès équitable aux soins. En valorisant les expertises du secteur privé, une meilleure résilience du système de santé national – au bénéfice de toute la population – devient une perspective concrète.